Affaire Théo : le parquet réclame le renvoi de trois policiers devant les assises

Le 08 Oct 2020 à 12:57 par Sikagz

La vie de Théo Luhaka a changé à tout jamais le 2 février 2017. Pour ceux qui n’ont pas suivi l’histoire, le jeune homme a été blessé par des policiers lors de son arrestation. Depuis, il est devenu l’un des symboles des violences policières à cause de « son infirmité permanente« . Gentsu vous raconte tous les rebondissements.

Les violences policières ont longtemps été tabou. Mais les événements récents comme la mort de George Floyd dont l’assassin vient d’être libéré sous caution ou encore le drame survenu avec Adama Traoré et l’affaire Théo ont mis la lumière sur ces actes. Cette fois-ci, c’est la dernière citée qui nous intéresse. En effet, le jeune homme a été interpellé par quatre policiers à Aulnay sous bois il y a trois ans de cela. A ce moment-là, Théo a reçu un coup de matraque télescopique dans la zone anale. Cette scène filmée a vite fait le tour de la Toile.

Théo a ensuite été embarqué au commissariat. C’est au moment de son audition que l’un des agents se rend compte saigne énormément. Ainsi, il est transporté en urgence où il a été opéré. Résultat : le jeune homme présente une plaie longitudinale du canal anal longue de 10 centimètres.

Affaire Théo : trois policiers ont été renvoyés devant les assises pour « violence aggravée »

La blessure de Théo ne pourra jamais changé. En effet, selon une experte médicale établie le 21 août 2019, il aura besoin d’un « suivi médical à vie« . Aujourd’hui, il souffre d’une « infirmité permanente ». Cette dernière est vraisemblablement causée par des lésions « en relation certaine et directe » avec son interpellation. Plus de trois ans après le début de la procédure, le parquet de Bobigny a décidé de renvoyer trois policiers devant les assises pour ‘violences volontaires’. Deux d’entre eux pourraient être poursuivis pour « violences volontaires en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique ». Pour le dernier, la qualification de « viol aggravé » a été écartée mais il pourrait être renvoyé pour « violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une incapacité permanente partielle« . De ce fait, il encourt jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.

De ce fait, le parquet a estimé que « les éléments constitutifs du crime de viol n’étaient pas réunis ». Fabienne Klein-Donati, procureure de la République de Bobigny a révélé à Libération: « Selon le parquet, l’instruction n’a pas permis de recueillir les éléments susceptibles de qualifier un viol, il n’y a pas de volonté délibérée de commettre une pénétration sexuelle (…) Il n’y pas de connotation sexuelle »

Malgré tout, un procès aux assises aura bien lieu.