Maitre Gims : « On est le IAM d’aujourd’hui »

Le 15 Juil 2013 à 06:14 par djfreak

Dans une interview accordé au journal Ouest France, le leader de la Sexion d'Assaut en dit plus sur son parcours et sur ses projets à venir.

Qui es-tu Maître Gims ?

J'ai 27 ans, né à Kinshasa (RD Congo), Gandhi Djuna de mon vrai nom, arrivé à 2 ans à Paris. Une enfance difficile. J'ai grandi dans des squats. J'ai été un adolescent rêveur, distrait, curieux dans tous les sens du terme.

L'école ?

Je m'y suis surtout senti bien quand j'ai fait ce que je voulais, c'est-à-dire une école de dessin, à 16 ans. En même temps, je faisais de la musique.

Tu n'aimes que le rap ?

J'aime bien l'opéra… C'est très classe, avec un côté snob, inaccessible. Sur mon album (1), l'intro est un clin d'oeil à l'opéra. J'ai aussi pas mal écouté Aznavour.

Ta vie, c'était le rap ou rien ?

J'étais au pied du mur. Il fallait que ça marche, j'y suis allé de toutes mes forces. Et on s'est vite tourné vers un rap ouvert, qui choque le monde hip-hop et qui attire ceux qui n'y sont pas. On nous a reproché de pas de faire de vrai hip-hop, comme un sacrilège. Mais c'est du hip-hop, de la poésie. Seulement, c'est différent. Pour les jeunes de 13-14 ans qui nous écoutent, on est le IAM d'aujourd'hui.

Il n'y avait personne sur ce créneau…

Le terrain était libre. Tout le monde cherchait à faire comme untel qui avait marché, sans personnalité. Moi, j'attendais mon tour, j'attendais d'être exposé.

Qu'est-ce que tu aimes raconter ?

Il n'y a pas une seule direction dans mon album solo. Il peut y avoir un côté pur et dur. VQ2PQ raconte que j'ai parfois eu l'impression de vivre comme du papier toilette, que les gens se servaient de moi. Et Bella parle d'une chimère, une femme pas réelle. Le côté divertissement est important, avec des jeux de mots, des métaphores…

Comment devient-on poète urbain ?

Je pense qu'on a une lame qu'on aiguise. J'ai beaucoup écouté MC Solaar, IAM, Booba qui écrit très bien… Ce sont eux qui m'ont aidé à sculpter le personnage Maitre Gims, avec ma personnalité, la mélodie, le chant.

Comment écris-tu ?

Il suffit d'un mot qui déclenche quelque chose. Et d'une mélodie que j'enregistre sur mon portable. Je ne suis pas musicien. Si leson est léger, les paroles seront légères. Si je fais un son plus dur, il faut que ce soit plus recherché.

Avec Sexion d'Assaut, vous avez failli passer à côté, avec ces propos homophobes…

Oui, on a fait une belle connerie. On rigolait sur tout, sans se gêner. Pour moi, à ce moment-là, c'était fini la musique. On a voulu réparer. On a fait des tables rondes, on a été partout. On s'était rendu compte qu'on n'avait pas le droit à l'erreur. Et c'est un miracle que ça n'ait pas arrêté la machine Sexion d'Assaut.

Tu vas partir en tournée ?

J'y réfléchis. Parce que ça veut encore dire un mois et demi de tournée au moins et que j'ai envie d'une pause, de passer du temps avec mes enfants (il en a quatre), faire autre chose, une BD (il en a commencé une). Et puis laisser les autres de Sexion sortir leur album.

Tu écris ton autobiographie, pas un peu tôt à 27 ans ?

C'est plus un éclaircissement. Je croise des jeunes qui veulent arrêter l'école pour faire comme moi. Cela sera intéressant pour eux de connaître mon histoire. Et puis les fans ont envie, je crois.

Vous avez déjà annoncé le prochain album de Sexion d'Assaut pour novembre 2015, le titre est connu. Pourquoi planifier autant ?

Si tu n'as pas deux trains d'avance, tu es mort. On fait un métier où il faut être vu, en étant le plus beau, le plus fort, le meilleur. Si tu n'es pas Américain, t'es rien. En cinéma, c'est pareil. Ils font tout en grand. Le rêve est vendu dans un coffret collector.